L’éclair qui a fendu ton regard
Le masque qui a tordu ton visage
Ta main d’acier sur son cou d’enfant
Tes mots menaçant comme des serpents sifflant
J’ai tout vu. Et c’était le reflet
De l’éclair qui traverse mon corps
Du masque qui voile mon cœur
De l’acier qui enserre ma tête
Des serpents parcourant mes tripes
À chaque instant.
Et moi qui pensais qu’à tes côtés je guérissais
Je t’envenimais en fait, petites doses quotidiennes
D’orage, de théâtre, de métal brûlant et de pensées malsaines
Si tes aveux ne sont pas le fruit de mon imagination nocturne
Comme ce tramway se renversant en gare de Prague avec toi et moi à bord, survivants égoïstes et indifférents
C’est comme si le sol se dérobait sous mes pieds
Comme si le soleil avait disparu pour ne plus revenir
Comme si j’avais tout perdu
Comme si tu avais pris ma tête pour l’enfoncer sous l’eau
Si je détruisais en toi le soleil qui réchauffe ma misère
Je ne pourrais plus regarder personne dans les yeux
Ni avancer.
4 novembre 2010 à 16:32 |
Texte retrouvé plié en quatre dans une vieille poche poussiéreuse. Rien à voir avec mon état d’esprit actuel, qui méritait bien un petit poème si j’avais les mains libres…
13 novembre 2010 à 16:36 |
Beau texte , mais je suis toujours gênée de te connaître trop(?) et d’y chercher des allusions personnelles ! faut corriger le “regarder” de la fin et dans ton commentaire n’y aurait il pas un problème de concordance de temps?
15 novembre 2010 à 14:58 |
il fallait lire “mériterait” dans le commentaire.
Écrire sans allusions personnelles, c’est exactement ce que je ne sais pas faire. C’est bien pour ça que je n’écris pas plus. Car je ne suis pas assez égocentrique pour m’en satisfaire! Faire preuve d’un peu plus de subtilité, ça pourrait être une solution. Ce texte en manque, au profit d’une spontanéité totale de l’écriture!
16 novembre 2010 à 16:34 |
À chaque fois que je te lis, tes mots me touchent. Comme à la base je suis plutôt réfractaire à la poésie (j’y connais pas grand chose mais ça me touche rarement), je me dis que c’est justement parce que ces mots parlent de toi qu’ils me touchent.
Je serais curieuse de voir si un texte de toi dépourvu d’allusions personnelles me paraîtrait aussi beau
16 novembre 2010 à 20:52 |
j’aimerai commenter mais que dire ? Je suis toujours touché par tes textes qui sont beaux et émouvants et parfois dérangeants comme celui-ci (ce qui n’est pas une impression négative au contraire).
Je suis comme Clo, perplexe devant la poésie qui est un art que je ne comprend pas : je me sens devant elle comme doit se sentir un chimpanzé devant un tableau abstrait … mais tu finiras peut-être par me l’apprendre !
16 novembre 2010 à 21:13 |
quand je pense que j’ai découvert Baudelaire, Aragon, Prévert et compagnie dans votre bibliothèque et que vous me parlez de chimpanzés mon cher père!
je crois que le problème est de vouloir rationaliser son rapport à la poésie, non?
à suivre…
17 novembre 2010 à 15:40 |
prêt à suivre !